Déjà fragilisées par la crise du « subprime », les banques helvétiques pourraient en effet être pénalisées par « l'offensive fiscale » que mène Bruxelles à l'occasion de la renégociation de la directive épargne, et par l'évolution politique aux Etats-Unis où, « si Barack Obama est élu cet automne, un durcissement [de la législation] est déjà programmé ».
« Le Temps » rappelle que la législation en matière de secret bancaire est loin d'être neutre pour les banques, comme le montre une étude de trois économistes de l'université de Lausanne. A partir de l'évolution de la valorisation des banques suisses entre 1998 et 2002, « phase de tension entre la Suisse et l'Union européenne qui avait précédé la directive introduisant une taxe sur les intérêts de l'épargne », ils déduisent que le secret bancaire explique entre 8,3 % et 12,6 % de leur valorisation. Dès lors, toute remise en question de la législation constitue « un risque politique pour les banques de gestion », probablement sous-estimé aujourd'hui par les investisseurs.
Certes, les banques suisses ont depuis peu diversifié leurs activités ou modifié leurs méthodes en matière de gestion d'actifs, réduisant « le poids relatif de la gestion transfrontalière depuis la Suisse ». Le quotidien genevois nous apprend ainsi que les banques Julius Bär et Sarasin ont investi « fortement dans d'autres centres transfrontaliers [offshore], comme Singapour », afin de contourner une législation devenue plus restrictive.
Toutefois, « le plongeon des actions des banques du Liechtenstein cet hiver lors de l'affaire Zumwinkel » montre que toute attaque contre le secret bancaire n'est pas sans conséquence. A ce titre, les péripéties d'UBS aux Etats-Unis, où son statut de « qualified intermediary » pourrait être remis en cause, sont suivies de près par le Conseil fédéral.
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