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04.06.2008

L'OCDE estime que le pire de la crise est sans doute passé

L'organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est moins pessimiste qu'au cours des derniers mois sur l'état de santé de ses 30 membres. L'intitulé de la livraison semestrielle de ses "Perspectives économiques" – "Après la tempête?" – annonce prudemment un apaisement de la crise, née aux Etats-Unis, de l'effondrement du secteur immobilier et des prêts hypothécaires à haut risque (les fameux subprimes) au cours de l'été 2007.

Son chef du département des affaires économiques, Jorgen Elmeskov, écrit dans son éditorial : "Il y a actuellement de plus fortes chances que le paroxysme de la perturbation des marchés soit désormais dépassé." Malgré les précautions de langage habituelles chez les prévisionnistes, la première phrase du rapport le confirme : "Il semble de plus en plus probable que les turbulences sur les marchés financiers ont commencé à se calmer." Car le ralentissement des économies n'est pas aussi sévère qu'il aurait pu l'être. Ainsi, au premier trimestre, les Etats-Unis ne sont pas entrés en récession comme redouté. Mieux, ils réduisent le déficit de leur balance des paiements; l'Allemagne affiche une santé insolente et la résistance de l'économie française permet au président de la République, Nicolas Sarkozy, de s'en féliciter haut et fort.

Reste que les forces dépressives sont toujours à l'œuvre et que 2008 sera médiocre. Tombée à 0,5 % en rythme annuel au deuxième trimestre, la croissance des pays de l'OCDE s'établirait à 1,8 % pour l'année entière.

La machine ne repartira que lentement (+ 1,7 % en 2009) : les Etats-Unis sont durablement empêtrés dans les embarras de leur secteur financier; l'Islande vit une crise de changes; l'Espagne et l'Irlande affrontent un brutal dégonflement de leurs bulles immobilières; le Royaume-Uni subit le contre-coup des difficultés de sa finance; le Canada et le Mexique pâtissent du coup de froid américain; l'Italie végète. Même la Chine et l'Inde modèrent leur course.

"Les économies de l'OCDE se trouvent confrontées à trois chocs négatifs qui réduisent la demande : la crise financière, le ralentissement du cycle du logement et la contraction des revenus réels due à l'envolée des prix de l'énergie et des produits alimentaires", explique le rapport.
 
CRAINTES SUR L'INFLATION

Moins alarmiste que le Fonds monétaire international, l'OCDE estime que les pertes et les dépréciations d'actifs des banques s'élèvent à 380 milliards de dollars (246 milliards d'euros). Quant aux prix des logements américains, ils devraient encore chuter de 8 %.

L'inflation, elle, est de moins en moins atténuée par la mondialisation. Le baril de pétrole au-dessus de 130 dollars comme les poussées de fièvre des métaux et des céréales au cours du premier trimestre font craindre que la hausse des prix dans l'OCDE accélère à 3 % en 2008 après 2,2 % en 2007. "La trajectoire d'inflation que nous avons calculée engrange les hausses déjà enregistrées, tempère Jean-Luc Schneider, directeur adjoint du département des affaires économiques, ce qui signifie qu'en l'absence d'inflation importée, nous assisterons à une baisse automatique, sauf si les hausses suscitent des poussées sur les salaires." Le retour à un taux d'inflation de 2,1 % est en vue pour 2009.

L'OCDE juge qu'un retour de la progression du chômage sous l'effet du ralentissement facilitera cet apaisement des prix. Elle appelle les pouvoirs publics à résister aux demandes de mesures compensatrices suscitées par le renchérissement des prix de l'énergie et de l'alimentation.

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